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Paul Valéry, Regards sur le monde actuel 1931


samedi 26 juillet 2008

Un choix de société

C'en est donc fini des 35 heures...ou presque !
Si la durée légale du temps de travail reste à 35 heures hebdomadaires, l'employeur pourra dénoncer la convention d'entreprise fixant les modalités d'application du temps de travail. La nouvelle loi permettra au patron de négocier individuellement avec ses salariés.
Les contraintes d'une organisation collective du temps travail sont donc presque toutes levées, les entreprises conservant tout de même les avantages de l'annualisation du temps de travail et la défiscalisation des heures au delà de 35 heures. Le beurre et l'argent du beurre en quelque sorte !

Je ne reviendrai pas sur le bilan des 35 heures. Les 35 heures n'ont été pour la société française ni une panacée, le sous emploi est demeuré trop présent même s'il s'est réduit, ni une catastrophe grâce aux gains de productivité réalisés avec la nouvelle organisation du travail. Et si le niveau de stress s'est accru pour certaines catégories de salariés, c'est en grande partie parce que les embauches nécessaires n'ont pas eu lieu, notamment dans les hôpitaux pour ne citer que ce secteur.

Toutefois, ce bilan passe peut-être à côté du principal. Au moins dans l'esprit de certains de ses initiateurs, la réduction du temps de travail était un choix de société : échapper au dogme du travail comme valeur centrale autour de laquelle la vie devrait s'organiser.
C'était aussi vouloir réduire la place de l'économie dans la vie sociale, inciter à être plutôt qu'à avoir, privilégier le non-marchand (qu'il soit politique, culturel ou personnel) plutôt que la consommation marchande.
Bref, il s'agissait d'échapper à l'aliénation de la croissance à tout prix et de la société de consommation.

Mais l'enjeu n'a pas été compris ou mal expliqué si bien qu'il a fallu imposer par la loi les 35 heures, ce qui fût sans doute une erreur.
La RTT est devenue un bouc émissaire sur lequel on a pu mettre tous les maux, et notamment la baisse du pouvoir d'achat.
La voie était toute tracée pour les plus libéraux : sortir de l'organisation collective du temps de travail pour promouvoir une société de l'individu, où chacun n'est plus borné par quelque contrainte collective que ce soit et où seule opère la main invisible du marché, par le biais d'une multitude de choix individuels soi-disant volontaires...

Les cadres seront sans doute les grands perdants mais n'ont-ils pas majoritairement voté Sarkozy, qui a fait en la matière ce qu'il avait dit qu'il ferait ? Une majorité qui refuse aujourd'hui d'abandonner leurs jours de RTT et la qualité de la vie qui va avec.

Ils pourront travailler jusqu'à 282 jours par an les veinards. Je les imagine, abrutis après les journées de travail à rallonge, affalés devant la télé et leur assiette réchauffée au micro- ondes avec leur verre de whisky à la main, femme et enfants n'ayant plus la patience de les attendre...

Lire sur 20Minutes.fr : Temps de travail, ce qui va changer


blogusblogasty

3 Comments:

Blogus said...
Ce message a été supprimé par l'auteur.
GIZ said...

"inciter à être plutôt qu'à avoir", c'est une philosophie de vie qu'on ne nous enseigne pas, quel dommage!
Pourtant, vivre, c'est bien, non? et bien vivre, c'est encore mieux. Mais comment trouver ce bonheur?
Comme le disait Epicure (philosophe grec), "observez les animaux et les petits enfants, voyez-les courir vers le plaisir et fuir dans la direction opposée quand la douleur les menace. La joie, le plaisir, voilà la norme."
On est loin de l'organisation de notre vie quotidienne, du pouvoir d'achat et des 35 heures...
Qu'en penses-tu Ami Blogus?

Anonyme said...

Que pensez-vous de cette analyse sur ce site, le débat a l'air tranché !!!
http://www.delitsdopinion.com/